TUMEURS DE PAUPIÈRES

Tumeurs

Les tumeurs des paupières correspondent à l’ensemble des lésions ou excroissances qui se développent au sein des paupières supérieures ou inférieures. Elles peuvent être bénignes ou malignes.

Les tumeurs palpébrales peuvent être présentes dès la naissance, comme l’hémangiome du nourrisson ou apparaître au cours de la vie.
Différents facteurs sont à l’origine de la formation de ces lésions comme l’exposition solaire, les inflammations oculaires, les infections virales, les troubles métaboliques, les dysfonctions des glandes palpébrales, les agressions thermiques ou chimiques, les traumatismes…
 
Les tumeurs bénignes représentent la plus grande majorité des lésions. Elles sont une nécessité thérapeutique de par leur caractère inesthétique, mais aussi fonctionnelle. Si l’excroissance est de taille importante, elle entraîne un dysfonctionnement des paupières.
Elles sont nombreuses et très fréquentes.
Elles peuvent être définies par le type de cellules qui les composent (ou type histologique). Elles sont représentées par les tumeurs épithéliales solides (papillome, molluscum, syringome, kératose séborrhéique, les kystes d’inclusion, les kystes dermoides, l’orgelet, le chalazion, l’hydrocystome écrine). Les tumeurs pigmentées sont dits naevus et naissent à partir des mélanocytes. Certaines lésions sont associées à l’excès de lipides comme le xanthélasma ou à une infection virale comme le molluscum contagiosum.
 
Les tumeurs malignes sont susceptibles de s’étendre par phénomène infiltratif. Aussi, un diagnostic ou une prise en charge tardifs peuvent compromettre l’efficacité du traitement.
Elles sont dominées dans leur fréquence, par les carcinomes basocellulaires, les carcinomes spinocellulaires et les carcinomes sébacés.
Certaines lésions pré-disposantes peuvent favoriser les carcinomes, comme la kératose actinique, fortement liée à l’exposition solaire.
Le mélanome palpébral est plus rare et peut être lié à l’évolution d’une mélanose dite de Dubreuilh.
Exceptionnellement, on peut découvrir une lésion de type sarcome de Kaposi en lien avec un immunodépression profonde ou un carcinome neuro-endocrine d’origine viral.

Qui est concerné ?

Dans l’enfance, les tumeurs de paupières sont le plus souvent bénignes et sont caractérisées par les chalazions, les molluscum contagiosum, les kystes épidermoïdes, les naevus et les angiomes. Plus rarement, on retrouve le névrome plexiforme qui accompagne les neurofibromatoses de type 1.

Au cours de la vie, le risque de survenue de lésions bénignes ou maligne augmente. L’exposition solaire sans protection accroit le risque de d’apparition des tumeurs malignes avec l’âge.

Les examens

Lors de la consultation, le médecin réalisera un interrogatoire afin d’évaluer l’ancienneté de la lésion et son caractère évolutif dans le temps (taille, couleur, allure inflammatoire par période ou permanente). Si vous disposez de photos plus ou moins anciennes, il est toujours intéressant de les apporter lors de la consultation afin d’observer avec votre médecin si la lésion a pu se modifier dans le temps.

Ensuite, il réalisera un examen complet des paupières, d’afin d’examiner la statique ou mouvement des paupières, l’aspect tactile de la lésion (induré, kystique), le caractère inflammatoire des paupières et/ou de la lésion. Il recherchera un retentissement esthétique de cette lésion que vous pourrez alors préciser.

Cet examen est complété par un examen à la lampe à fente ou biomicroscopie permettant d’étudier, à l’aide du microscope grossissant, la lésion mais aussi l’œil en détail.

Il pourra alors être réalisé des photographies détaillées de la lésion au cours de la consultation, avec votre accord, afin de compléter votre dossier clinique et d’avoir un élément comparatif pour le suivi ultérieur.

L’aspect clinique d’une lésion permet le plus souvent d’orienter l’ophtalmologiste, lors de la consultation sur le caractère bénin d’une lésion mais seule une analyse des tissus permettra de confirmer l’absence de malignité de la tumeur.

Aussi, toute lésion d’allure suspecte doit bénéficier d’une ablation par voie chirurgicale (exérèse) afin de réaliser une étude histologique et d’établir une preuve anatomo-pathologique du caractère bénin ou au malin de la lésion.

Les traitements

La chirurgie est le traitement de choix des tumeurs de paupières car elle permet de confirmer le caractère bénin ou malin d’une lésion avec certitude. De plus, seule la chirurgie permet d’affirmer le caractère complet de l’exérèse d’une lésion par l’étude histologique des marges.

Dans quelques cas, l’exérèse de la lésion peut être réalisée en consultation puis les prélèvements adressés au laboratoire pour analyse.

Le plus souvent, l’exérèse de la tumeur se fait au bloc opératoire sous anesthésie locale après avoir anesthésié les paupières. Ce geste est indolore.
Il permet de réaliser une ablation dans de bonnes conditions car souvent la lésion, qui est proche de vaisseaux, nécessite une coagulation des tissus cutanés environnants.
Selon la taille de la lésion enlevée, il peut être nécessaire ou indispensable de réaliser une reconstruction de la paupière afin de combler les tissus et de garantir une intégrité fonctionnelle et esthétique de la paupière. Cette reconstruction peut requérir une greffe que vous expliquera le chirurgien au préalable.

Seule l’étude histologique secondaire du tissu affirmera le caractère totale de l’ablation des tissus malins auquel cas, une reprise chirurgicale vous sera proposée par votre chirurgien.

Certaines tumeurs bénignes des paupières peuvent être traitées par laser Argon lors d’une procédure réalisée au cabinet.